Les tendances de la sous-traitance internationale
La sous-traitance est généralement définie comme un moyen d' allier efficience et innovation, ce qui exige des gestionnaires qu'ils examinent les éléments suivants : durée totale du cycle et réduction des coûts, exploitation des effets d'échelle et de gamme, réduction des ressources, utilisation des partenaires comme modèles de changement, et réduction du risque” Sous-traiter, pour une entreprise, c'est contracter une alliance indépendante avec une ou plusieurs entités ou entreprises afin qu'elles exécutent des opérations soigneusement choisies et des processus fonctionnels courants qui étaient jusque-là effectués en interne.
L'expression “sous-traitance offshore” – ou sous-traitance internationale – désigne ce qui se passe lorsque, par exemple, l'entreprise A confie la responsabilité, totale ou partielle, d'une fonction jusque-là assumée en interne à l'entreprise B, qui est implantée en dehors du territoire national de l'entreprise A, ce qui rend les modalités de l'accord plus complexes qu'elles ne l'auraient été si les deux parties étaient dans le même pays. On peut voir dans ce processus une forme d'investissement étranger direct, qui serait une bonne chose sauf quand l'entreprise ferme une usine ou réduit ses activités sur place pour aller à l'étranger “sous-traiter une fonction” puis réimporte le produit sur le marché national. Le Rapport sur l'investissement dans le monde, 2004 de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), qui analyse les facteurs auxquels ont doit la montée en puissance de la sous-traitance internationale à travers le monde, explique que “l'investissement étranger direct (IED) joue un rôle important en matière de sous-traitance internationale, rôle qu'il est toutefois difficile de quantifier faute de données fiables. En principe, l'influence de l'IED se manifeste de deux façons : la sous-traitance captive et l'établissement de filiales étrangères par des fournisseurs de services spécialisés afin de servir une clientèle étrangère. Si ce type d'investissement peut créer de nombreux emplois, il n'engendre généralement pas d'importants mouvements de capitaux. Par conséquent, il ne représente pas une part substantielle des statistiques relatives à l'investissement étranger direct”
La sous-traitance existe depuis longtemps dans le secteur manufacturier, par exemple dans les industries de l'habillement, de l'automobile, des textiles et de l'acier. Cette pratique, appelée “fabrication à forfait” ou “fabrication en sous-traitance”, a servi et sert encore à réduire les frais généraux. Comme le relève Henry Wan Jr., les opérations traditionnelles de fabrication à forfait (concernant des produits encombrant fabriqués selon des spécifications standard et négociés aux conditions du marché) ont évolué et cèdent maintenant la place à la sous-traitance de services. “Aujourd'hui, des produits tels que les vêtements, les automobiles et les produits électroniques se caractérisent non seulement par une composition complexe mais aussi par des changements de style fréquents. Gérer un si grand nombre de pièces et de composants d'origines diverses devient une activité indépendante; en effet, ceux-ci doivent être conformes à des spécifications et être prêts à temps, en grande quantité et à un prix concurrentiel. Ces tâches de gestion sont à l'origine d'une industrie distincte : le service de fabrication en sous-traitance”.
À quoi doit-on une telle transformation de l'environnement commercial? Ces 10 dernières années, l'évolution des technologies de l'information et de la communication (TIC) a considérablement amélioré la capacité qu'a l'entreprise de contrôler les activités ou processus externalisés dans un ou plusieurs lieux éloignés, que ce soit dans le même pays ou à l'étranger, ce qui fait de la sous-traitance internationale un choix plus intéressant pour de nombreux autres secteurs. En outre, les TIC ont amélioré globalement la logistique, c'est-à-dire qu'en permettant un transport fiable jusqu'à la destination concernée – livraison “juste à temps” – elles ont diminué pour l'entreprise les coûts engendrés par les stocks. Comme de nombreuses entreprises utilisant ainsi les services de sous-traitants ont pu améliorer leur compétitivité globale, elles ont commencé à sous-traiter également des fonctions liées à des services. La “sous-traitance de services” se limitait au début à des tâches basées sur l'informatique mais a évolué vers ce que l'on connaît maintenant sous le nom d'“externalisation des processus métier” (business processing outsourcing, BPO).
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